Interview de Hervé PETRELLUZZI sur la démocratie participative
Extraits de « Démocratie Participative. Une démarche ambitieuse. » publié par le Conseil Régional Rhône-Alpes.
En Rhône-Alpes, les élus régionaux veulent s’appuyer sur les citoyens pour fortifier la démocratie. Ne souhaitant pas se limiter aux seuls rendez-vous électoraux, la vie démocratique rhônalpine a ouvert de nouveaux espaces faits de rencontres et d’échanges, de confrontation des idées, d’expérimentations pour déboucher sur des propositions, Innovante cette démarche prend de multiples visages.
LE COLLOQUE SUR L’ÉVALUATION DES POLITIQUES PUBLIQUES
Il s’est déroulé les 20 et 21 juin 2006. À quoi et à qui sert cette évaluation ? Quelle place les citoyens ont-ils dans cette démarche qui consiste à mesurer la réalité et la portée de l’action publique ? Telles sont les questions auxquelles ont tenté de répondre une trentaine de Rhônalpins, tirés au sort comme Hervé Petrelluzzi
L’effet miroir
Hervé Petrelluzzi a eu le déclic démocratie participative, «quand l’appel au diagnostic populaire a été lancé après le séisme de l’élection présidentielle d’avril 2002», confie-t-il. Aussi, quand la Région organise les réunions publiques du printemps 2005, ce spécialiste des produits bio de Saint-Julien-en-Genevois se porte naturellement volontaire.
«Je me suis inscrit dans l’atelier “démocratie représentative et démocratie participative”, à l’issue duquel j’ai transmis à la Région mes propositions. Puis, un temps de pause, jusqu’en avril 2006, où j’ai appris que j’avais été tiré au sort pour participer, avec une trentaine d’autres citoyens, aux 7es Journées de la Société Française d’Évaluation.
Il y avait là des professionnels de l’évaluation, des juristes, des comptables, des psychologues…Nous devions prendre la parole en séance plénière et participer à des agoras et ateliers. Je fais partie des deux personnes élues par les citoyens pour rapporter leurs propositions à l’issue de ces réunions de travail.
On nous a vraiment laissé nous exprimer. Nous n’étions pas là pour faire de la figuration. Il a pourtant fallu réaffirmer la volonté des citoyens d’être présents tout au long du processus d’évaluation, notamment lors de la définition des critères…
De même, j’ai obtenu que les noms des participants soient inscrits sur l’avis donné par notre groupe, même pour ceux qui ne voulaient pas le valider. Cette expérience n’est donc pas de la poudre aux yeux.
Elle me donne l’espoir que la démocratie participative ait un effet miroir : que le citoyen qui accuse l’élu entende ses contradictions, et que l’élu qui n’écoute que ses électeurs comprenne qu’il ne sert pas la République. »
Interview par Chantal Féminier, Agence Pleins Titres. Photo Hervé Hugues.