l. Fabius : non au libéralisme, oui à la puissance publique

Publié le par Johan

Laurent Fabius a présenté mardi sa contribution au congrès de Reims en novembre, intitulée "reconstruire à gauche", qui prône un "socialisme solide, crédible, audible" avec une forte présence de la puissance publique

M. Fabius a exposé ses idées lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale, entouré de ses amis, dont le président de la commission des finances Didier Migaud, et avec le soutien de non-fabiusiens qui l'avaient rejoint en 2005 (les ex-ministres Marie-Noëlle Lienemann et André Laignel, le député des Landes Alain Vidalies, issu du courant poperéniste).

Ce texte de 26 pages, intitulé "Reconstruire à gauche", renvoie dos à dos Ségolène Royal et Bertrand Delanoë en rejetant la "peopolisation" et la "présidentialisation du PS". "Nous souhaitons un congrès de débat, pas de pugilat", a expliqué l'ancien Premier ministre en présentant sa contribution à la presse, entouré de ses principaux lieutenants.

"Le spectacle donné par certains camarades désireux, d'une façon explicite ou voilée, de s'assurer la direction du parti n'est pas rassurant", lit-on dans le texte. Visés, Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, les deux principaux prétendants à la succession de François Hollande.

Laurent Fabius entend respecter "deux règles simples" au congrès organisé du 14 au 16 novembre: "dire 'nous' plutôt que 'je'" et "distinguer l'enjeu de 2008 et les échéances de 2012". "La désignation implicite ou explicite" du candidat socialiste à la présidentielle, lors du congrès de Reims, "raviverait les braises de la discorde et ne permettrait pas de rétablir la clarté sur les orientations politiques", selon sa contribution.

L'ancien Premier ministre prône un PS "fier, offensif, ouvert", porteur d'une "stratégie de rassemblement des forces de gauche". Totalement hostile au rapprochement avec François Bayrou esquissé par Ségolène Royal entre les deux tours de la présidentielle de 2007, il refuse "un renversement d'alliances qui aboutirait à un projet commun entre le PS et le centre-droit".

Dans une pique à Bertrand Delanoë, qui se présente comme socialiste et libéral, il dénonce la "confusion entre socialisme et libéralisme".

Car le texte de Laurent Fabius prépare le terrain à une alliance avec les "reconstructeurs", amis de Martine Aubry, de Dominique Strauss-Kahn et d'Arnaud Montebourg, ainsi qu'avec la gauche du parti. Les contributions de ces différents courants "ont vocation à converger" au moment du dépôt des motions, prévu en septembre, a expliqué le député de Seine-Maritime.

Le chef de file du "non" lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne prône notamment une réorientation de la politique monétaire de la zone euro dans un sens plus favorable à la croissance et à l'emploi, mais aussi le lancement de grands emprunts européens. Une proposition faite en son temps par Jacques Delors, père de Martine Aubry.

Le député de Seine-Maritime prône aussi un "socialisme de production", une formule chère à Dominique Strauss-Kahn. Parmi les nombreuses propositions concrètes de son texte, la mise en oeuvre d'une coopération européenne pour la recherche et l'innovation, la création d'un fonds souverain français ou l'institution d'une "clause de sauvegarde sociale", interdisant qu'une directive européenne puisse se traduire par un recul des droits sociaux dans un pays.

Pour le pouvoir d'achat, M. Fabius propose de moduler les exonérations de cotisations sociales en fonction de la politique salariale des entreprises. Les entreprises qui n'ont pas signé d'accord salarial depuis deux ans verraient le montant de leurs exonération amputé de 20%. Il préconise aussi une "allocation énergie" financée par une taxe sur les superprofits des compagnies pétrolières, pour aider les ménages les plus touchés par l'envolée des prix du pétrole. "Nous voulons un congrès de débat, et pas un congrès de pugilat" entre présidentiables,

Avec Agences


Publicité

Publié dans Parti Socialiste

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
V
@jls "Sa mise en scène a marché en 2006 pas certain que les militants se laissent berner une nouvelle fois en 2008."Vous avez le droit de tout dire mais pas de traiter ceux qui ont voté pour SR à la primaire PS d'imbéciles sans conscience. Vous soc dem avez vraiment du mal à accepter la démocratie. Votre principe d'intelligence se diffusant depuis une lumière perchée je ne sais où(Washington ?), je la trouve un peu limite. Je respecte ceux qui ont choisi NS car ils l'ont fait en âme et conscience.NS a été meilleur que nous et si nous avons perdus c'est aussi de notre faute.Je passe sur les raisons liées à la candidate et à ses camarades au parti. Je passe sur les réunions que j'ai vécues en Haute-Savoie ou des militants ps se sont réunis pour dire tout le mal qu'ils pensaient de SR en compagnies d'anciens ministres de Jospin.Vous voulez des nom ?Désolé mais la primaire a eu lieu il y a 2 ans déjà et je vous suggère d'arrêter de ruminer inutilement et vous tourner vers l'avenir.
Répondre
J
@ Catherine Gilbert, tu dois avoir une visions très sélective, car en ce qui concerne le spectacle, SR n'est pas et de loin la dernière à se mettre ne scène.N'oublions pas qu'elle s'est prononcée quasiment candidate en janvier au moment où démarrait la campagne municipale. Bel exemple de solidarité et de discipline dont pourtant elle se réclame.Arretez de nous faire passer SR pour la blanche colombe qu'elle n'est pas. Elle est comme d'autres, ambitieuse, très ambitieuse même et beaucoup plus aguerrie à la politique que l'on ne croit et qu'elle voudrait laisser croire.Sa mise en scène a marché en 2006 pas certain que les militants se laissent berner une nouvelle fois en 2008.
Répondre
C
Soyons objectifs !  Ce n'est certainement pas Madame Royal qui se donne en spectacle, bien au contraire, c'est la plus discrète parmi les membres du PS.  Cessons de lui jeter la pierre...
Répondre