L'alliance invisible
Je vois que certains de nos camarades s'inquiètent de voir émerger au sein du PS un vaste rassemblement de personnalités pouvant constituer un pôle fort à même de conquérir la majorité du PS. Du moins c'est leur ambition.
Cette ambition peut être légitime lorsqu'elle se fait sur un projet, une stratégie bien définie à l'avance. Dans ce cas il apparait beaucoup de bonnes intentions mais très peu de propositions concrètes. On se félicite de ce rassemblement mais cela ne dégage pas de perspectives pour le PS d'avenir.
Car dans ce rassemblement se trouvent des "sarko-compatibles" et des opposants plus radicaux. Quelle va être leur stratégie à l'avenir?
Et puis quel leader pour les représenter? Sûrement Aubry vu que Moscovici est inexistant. l'acceptera-t-il si facilement et sinon quid des militants? Pour eux Aubry ou Moscovici est-il un choix synonyme ou par défaut?
Cette construction veut ensuite d'élargir vers Collomb, Valls d'un côté et les reconstructeurs Fabiusiens de l'autre. Bonjour le grand écart mais pourquoi pas lorsque cela se fait au nom de l'unité socialiste?
Ce rassemblement unitaire se veut réformiste (comme tout le monde je pense) mais surtout se définit comme refusant la présidentialisation du parti qui, pour eux, serait la mort du petit cheval. Surtout pour les ambitions individuelles des uns et des autres avons-le;-)
Mais ce rassemblement actuellement n'est pas encore constitué et est loin d'être majoritaire.
L'aile gauche du parti représentée par Hamon-Emmanuelli voire Mélenchon ,qui bizarrement ne s'est pas encore rapproché d'eux (divergences de vues, d'ambitions personnelles?), souhaite aussi se rapprocher des reconstructeurs et avait des vues sur Aubry. On peut donc penser qu'ils pourraient se rallier à Aubry sous l'impulsion des Fabiusiens jouant les médiateurs pour le coup. Mais l'assemblage prendrait pour le coup une orientation plus "radicale" ce qui pourrait finir par en indisposer quelques uns qui ne seraient pas prêts à s'allier avec cette gauche là. je pense plus particulièrement aux sarko-compatibles DSKistes. De plus cela pourrait refroidir La ligne claire de Collomb, Valls. Bref c'est pas gagné.
Il reste donc encore 3 forces au sein du PS et 3 forces importantes constituées sur Hollande, Delanoë et ségolène Royal. Le rassemblement ci-dessus(hors Royal, Delanöe, Hollande) ne peut se prévaloir plus de 30%.
Les Hollandais veulent rassembler sur leur nom et souhaitent dans le même temps rester dans la majorité PS. Ils aiment bien leur pouvoir et ne veulent pas le laisser. C'est légitime et humain. Ceux-là ont un leader c'est Dray. Malheureusement pour eux et malgré la sympathie pour lui, Dray n'est pas un leader charismatique. Les Hollandais ont commencé leur stratégie en se déclarant hostile à la prise du parti par un présidentiable trouvant que c'était prématuré en 2008. Mais depuis le dépôt des contributions le ton a changé. Ils voient que désormais qu'ils ne comptent plus beaucoup auprès des militants même si ils pèsent encore dans le parti. Pour le dire crûment, l'avenir on le voit sans eux aux commandes!:o) Ils ont donc le choix de se joindre au rassemblement évoqué plus haut mais une haine tenace de la part des DSKistes et des Fabiusiens à leur égard les en empêche. Ils leur restent donc soit Delanoë soit royal. Soit un présidentiable! CQFD. C'est pour cela que dernièrement Dray a appelé à une réconciliation, politique, entre Hollande et Royal. Pourquoi pas? Mais sur nos orientations et avec notre équipe en priorité. C'est clair.
Delanoë quant à lui prône depuis le début la présidentialisation du parti en en revendiquant le leadership. De par sa popularité c'est notre allié invisible parce qu'il installe dans la tête des militants qu'il est temps d'avoir un chef au PS. Seulement il se rend bien compte qu'il ne déclenche pas l'enthousiasme des foules. Alors il cherche lui aussi à créer une alliance. Il l'envisageait avec Aubry mais si celle-ci se rapproche de la motion "non-présidentiable" il devra abandonner l'idée de sa candidature. Je pense qu'il peut le faire. Sur ordre de son mentor Jospin qui voyant qu'il ne gagnera pas peut l'inciter à rejoindre le pôle Aubry. Le problème c'est que l'on peut considérer qu'Aubry est présidentiable aussi et donc il semble difficile de se rallier sans états d'âmes. Alors si Delanoë finit par rejoindre le rassemblement plus haut ce sera Moscovici qui aura le leadership apparaissant ainsi comme "neutre" et non-présidentiable.
Le problème c'est que Moscovici est Dskiste, le revendique et l'admet. En conséquence est-ce que les militants Fabiusiens ou de la gauche du PS vont voter pour lui?
Et nous? Nous on trace un chemin bien clair et dont on n'a pas dévié pour faire des alliances ou non. On veut un leader, une équipe avec un projet capable de faire travailler tout le monde en interne grâce à la démocratie participative et d'être assez large d'esprit pour ouvrir des discussions de Besancenot à Bayrou. Aucun autre leader ne peut se prévaloir de cette ouverture d'esprit puisqu'ils sont tous conditionnés par des jeux d'appareils et de stratégie interne. C'est le message que nous devrons marteler après la Rochelle. Nous ne dépendons d'aucune stratégie d'alliances qui peuvent être castratrices.
Notre ligne est claire.
Amitié socialo-ségolèniste