Et pourquoi pas un raprochement Royal/delanoë...?
Hollande, l'unique option de Delanoë
En dépit de sondages qui le mettent en position de favori pour prendre la direction du Parti socialiste lors du congrès de Reims en novembre prochain, Bertrand Delanoë constate à La Rochelle que cette popularité est très relative. Rejeté par Martine Aubry, le maire de Paris se retrouve dangereusement isolé. Sa seule solution: s'allier à François Hollande...
partie est loin d'être gagnée pour Bertrand Delanoë. Et après deux jours d'université d'été à La Rochelle, le maire de Paris peut légitimement s'interroger sur ses chances réelles d'accéder au poste de premier secrétaire pour lequel il s'est porté candidat officiellement mardi dernier. Car s'il jouit dans son fief parisien d'un indiscutable soutien, il n'en va pas exactement de même parmi les ténors du PS.
Si l'édile parisien s'est fixé comme principe de ne pas médire de ses camarades, la réciproque n'est pas tout à fait exacte. Connu pour sa fermeté dans son Hôtel de ville, Bertrand Delanoë serait-il un peu trop gentil pour s'emparer du parti? A trop vouloir rechercher le consensus et ne froisser personne, le voilà quelque peu isolé et en manque d'alliés. Martine Aubry avec qui on l'imaginait s'associer il y a quelques semaines n'a pas donné suite jugeant trop personnelle sa démarche, au grand dam de Claude Allègre qui voyait dans le couple Aubry-Delanoë une association "porteuse d'avenir". "Il est dans une logique, nous dans une autre. Il ne souhaite pas travailler dans un collectif mais dit: Je suis candidat, vous devez me rejoindre", reproche la maire de Lille à son homologue de Paris.
Une Martine Aubry qui, alliée désormais à une partie des strauss-khaniens et aux fabiusiens, prône une "alternative au libéralisme" quand Bertrand Delanoë se définit comme un socialiste "libéral". Autant dire qu'entre ces deux là, le fossé s'est considérablement élargi.
Hollande, un lourd héritage
Ainsi, quand il s'agit aujourd'hui pour Bertrand Delanoë de compter les troupes sur lesquelles il pourra s'appuyer à Reims, les calculs tournent court car il a été incapable de rassembler sur son nom. Au contraire, la "Ligne claire" de Gérard Collomb, Jean-Noël Guérini, Vincent Feltesse et Manuel Valls est quasiment une réaction anti-Delanoë qui est apparue avec la volonté d'empêcher que le duel annoncé avec Ségolène Royal n'occulte une réalité du parti bien plus complexe. Finalement, au-delà de ses fidèles, Bertrand Delanoë ne peut compter à ce jour que sur une frange très fine des strauss-kahniens incarnée par Michel Destot, le maire de Grenoble, qui, en plus, a tout d'un sous-marin...
Dès lors, Bertrand Delanoë ne semble pas avoir d'autre choix que d'accepter la proposition de François Hollande. Le premier secrétaire sur le départ a en effet imaginé un "pôle central" qui serait d'après lui le point d'équilibre idéal pour lui succéder. Bertrand Delanoë, qui n'a pas d'autre choix, "est apparemment preneur", assure-t-on dans l'entourage du député de Corrèze. Adoubé par François Hollande pour ne pas dire cornaqué, le maire de Paris se retrouverait avec un lourd héritage à porter, celui de onze ans de direction hollandaise marquée par un inquiétant surplace et par de sérieux revers électoraux. Loin donc de la rupture espérée.
Plutôt que ce fardeau, Bertrand Delanoë pourrait choisir d'aller seul au combat à Reims avec pour principal argument cette fameuse popularité. Mais que pèseront réellement les 31% qui lui étaient crédités jeudi par TNS Sofres au regard du vote des militants de novembre prochain? "Tout son problème, c'est de structurer politiquement son image. Il faut lui laisser du temps. Il réussira peut-être mieux que Royal mais il faut se méfier de ce genre de bulle sondagière", expliquait Vincent Tiberj, chercheur au Cevipof au JDD.fr. C'était avant La Rochelle...
le JDD du 30/08 par Yvan Porspoder
partie est loin d'être gagnée pour Bertrand Delanoë. Et après deux jours d'université d'été à La Rochelle, le maire de Paris peut légitimement s'interroger sur ses chances réelles d'accéder au poste de premier secrétaire pour lequel il s'est porté candidat officiellement mardi dernier. Car s'il jouit dans son fief parisien d'un indiscutable soutien, il n'en va pas exactement de même parmi les ténors du PS.
Si l'édile parisien s'est fixé comme principe de ne pas médire de ses camarades, la réciproque n'est pas tout à fait exacte. Connu pour sa fermeté dans son Hôtel de ville, Bertrand Delanoë serait-il un peu trop gentil pour s'emparer du parti? A trop vouloir rechercher le consensus et ne froisser personne, le voilà quelque peu isolé et en manque d'alliés. Martine Aubry avec qui on l'imaginait s'associer il y a quelques semaines n'a pas donné suite jugeant trop personnelle sa démarche, au grand dam de Claude Allègre qui voyait dans le couple Aubry-Delanoë une association "porteuse d'avenir". "Il est dans une logique, nous dans une autre. Il ne souhaite pas travailler dans un collectif mais dit: Je suis candidat, vous devez me rejoindre", reproche la maire de Lille à son homologue de Paris.
Une Martine Aubry qui, alliée désormais à une partie des strauss-khaniens et aux fabiusiens, prône une "alternative au libéralisme" quand Bertrand Delanoë se définit comme un socialiste "libéral". Autant dire qu'entre ces deux là, le fossé s'est considérablement élargi.
Hollande, un lourd héritage
Ainsi, quand il s'agit aujourd'hui pour Bertrand Delanoë de compter les troupes sur lesquelles il pourra s'appuyer à Reims, les calculs tournent court car il a été incapable de rassembler sur son nom. Au contraire, la "Ligne claire" de Gérard Collomb, Jean-Noël Guérini, Vincent Feltesse et Manuel Valls est quasiment une réaction anti-Delanoë qui est apparue avec la volonté d'empêcher que le duel annoncé avec Ségolène Royal n'occulte une réalité du parti bien plus complexe. Finalement, au-delà de ses fidèles, Bertrand Delanoë ne peut compter à ce jour que sur une frange très fine des strauss-kahniens incarnée par Michel Destot, le maire de Grenoble, qui, en plus, a tout d'un sous-marin...
Dès lors, Bertrand Delanoë ne semble pas avoir d'autre choix que d'accepter la proposition de François Hollande. Le premier secrétaire sur le départ a en effet imaginé un "pôle central" qui serait d'après lui le point d'équilibre idéal pour lui succéder. Bertrand Delanoë, qui n'a pas d'autre choix, "est apparemment preneur", assure-t-on dans l'entourage du député de Corrèze. Adoubé par François Hollande pour ne pas dire cornaqué, le maire de Paris se retrouverait avec un lourd héritage à porter, celui de onze ans de direction hollandaise marquée par un inquiétant surplace et par de sérieux revers électoraux. Loin donc de la rupture espérée.
Plutôt que ce fardeau, Bertrand Delanoë pourrait choisir d'aller seul au combat à Reims avec pour principal argument cette fameuse popularité. Mais que pèseront réellement les 31% qui lui étaient crédités jeudi par TNS Sofres au regard du vote des militants de novembre prochain? "Tout son problème, c'est de structurer politiquement son image. Il faut lui laisser du temps. Il réussira peut-être mieux que Royal mais il faut se méfier de ce genre de bulle sondagière", expliquait Vincent Tiberj, chercheur au Cevipof au JDD.fr. C'était avant La Rochelle...
le JDD du 30/08 par Yvan Porspoder
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