Lu sur lepost.fr: Quand c'est qu'on recommence ?
Royal 58%,Sarkozy 42%,les Anciens (11) - Histoire d'un naufrage, de Bécassine à Jeanne d'Arc
Par merle moqueur www.lepost.fr
J'ai voulu me joindre à l'implacable réquisitoire de pusiher " J'accuse Ségolène Royal... ", et mes 2 doigts ont couru, couru, dans une compétition haletante pour rattraper les mots qui se bousculaient au portillon de ma pauvre tête, mais qui, abandonnant leur propre compétition interne, se liguaient pour se moquer de mes pauvres doigts. Alors, bien sûr, pas question de tenir en commentaires sous l'article de pusiher. Aussi, je me résous à en faire un article, en espérant que nous soyons de plus en plus nombreux à dénoncer ce diable en sarouel qui nous entraîne, un par un, à la perdition mentale où le pays s'abîme, s'abîme, et qui, par son ignoble show à l'américaine qui mêlait des militants PS pervertis à de misérables péquins même pas encartés, voire à d'infâmes vieux communards, a réduit plus de 4000 "personnes" à l'état lamentable de loques humaines. Dans mon car, il y avait même une psychiatre ! Mais où va-t-on ?!
J'accuse Marie-Ségolène de n'être, comme le montre si candidement la page 93 de son livre "Ma plus belle histoire c'est vous", que la marionnette pantelante du rusé théoricien prolétarien Élie Arié, qui ne feint d'appeler, avec beaucoup de sagesse, à renoncer à "l'anti-sarkozysme primaire", et d'apparaître comme un sous-marin de Max Gallo, que pour mieux provoquer, par ses diatribes méprisantes pour les nunuches, les mal-comprenantes nullissimes, les bons stals et toute cette faune irresponsable, une réaction plébéienne du Bas-Peuple, pour amplifier le mouvement révolutionnaire dont des dizaines d'autocars emplis de fanatiques écervelés ont vibré pendant des heures.
J'accuse Marie-Ségolène d'avoir voulu, par ces manœuvres répugnantes, harceler les malheureux chauffeurs de cars au point de provoquer des accidents spectaculaires sur les belles autoroutes que notre glorieux président a fait construire. Heureusement, ces travailleurs avisés ont résisté, concentrés sur l'objectif d'amener ces pauvres gens au Zénith pour que la presse indépendante et objective puisse amplement montrer le lavage de cerveau dont ces simples d'esprit font l'objet, s'auto-fanatisant à l'extrême avant même de perdre tout contrôle quand leurs exhortations hystériques, comme celles des enfants réclamant Guignol, ont fait apparaître leur idole malfaisante.
J'accuse Marie-Ségolène d'avoir maltraité une pauvre femme de 77 ans (5 ans en 36, 14 ans en 45, 37 ans en 68) qui, portée par la ferveur mystique des quelques adeptes de la secte pourtant clairsemés dans une salle presque vide, et malgré sa sciatique, a voulu monter sur les sièges bancals pour exprimer toute la puissance de son dérangement mental en saluant avec frénésie, le corps saisi des soubresauts caractéristiques de la possession démoniaque, tout l'entourage de la gourou présent sur la scène (dont la malheureuse Christiane Taubira, sans doute otage). Heureusement, d'authentiques militants socialistes de longue date, dont Gérard du 13, avec l'aide d'un improbable communard égaré, ont fait échec à ce plan machiavélique en soutenant fermement la mémé, qui n'est pas tombée ! Bon, son état mental ne s'est pas amélioré pour autant : j'étais dans son car, et je puis témoigner qu'elle était pire au retour qu'à l'aller, malgré sa sciatique, les lèvres crispées dans un sourire irrépressible. Je n'ai rien pu faire pour l'aider, car j'avais moi-même été mis en transes, par ce car psychiatrique.
J'accuse Marie-Ségolène d'avoir, par ses diatribes d'extrême- gauche, amené un authentique militant socialiste de très longue date, ce même Gérard du 13, à retomber dans les erreurs de sa jeunesse, jusqu'à lever le poing ! Si, je l'ai vu ! Elle ne peut nier, j'étais à côté de lui ! D'ailleurs, cet illuminé proclame à qui veut l'entendre que la motion sectaire va obtenir 54% des voix des militants du PS. Lamentable.
Enfin, j'accuse personnellement Marie-Ségolène de m'avoir fait perdre toute crédibilité.
Il y a un an, j'étais au plus fort de ma lucidité, mieux, de ma clairvoyance ! Enfermé dans ma grotte, en grand intellectuel fin observateur, hyper-informé par la petite lucarne le soir et les diverses radios le jour (une douzaine de journaux), j'étais bien à l'abri des délires collectifs de la campagne de la folle.
J'étais abondamment informé par des journalistes indépendants, impartiaux, objectifs, diversifiés, et tout, et tout, bref, un modèle de déontologie comme on n'en avait pas vu depuis 1944 et Radio Paris (si, peut-être, pendant la campagne référendaire). Ne pratiquant aucune sélection dans les extraits émis, ils donnaient la parole à tout le monde, surtout aux gens raisonnables qui, à partir d'une analyse froide, raisonnée et argumentée, allaient porter au pouvoir la sagesse incarnée, le modèle de cohérence et d'équilibre mental que le monde entier nous envie. Cet analyste puissant, qui, à Dakar, a fait enfin entrer les Africains dans l'Histoire, qui, à Ryad, a terrassé l'obscurantisme, qui suit si bien les méandres du Réel qu'il sait nous conduire de l'ultra libéralisme échevelé à un étatisme raisonné. De la Droite décomplexée à la Gauche hardie du RSA qui va enfin mettre les flemmards au boulot, et mettre fin à l'immonde assistanat ! Du Bouclier Fiscal, si inspiré puisque tous les exilés sont revenus, à la chasse aux profiteurs du capitalisme financier, si convaincante. Tremblez, vampires ! Le Petit Timonier vous a à l'œil !
Cette presse vigilante donnait aussi largement la parole, dans un parfait équilibre, aux farouches opposants à cet immense vague sarkozyste authentiquement populaire, les locomotives du PS : Strauss Kahn, le protégé de Condoleezza Rice, anti-sarkozyste résolu bien que privatisateur compulsif, Fabius, du Siècle, l'opérateur du tournant raisonnable du père d'Aubry, en 1983, pour réparer les conneries populistes de Mauroy (qui a compris, puisqu'il soutient la fille de Delors), et protecteur des malheureux enfants abandonnés de la folle. Je ne vais pas ici citer tous les lumineux responsables du PS qui ont patiemment, depuis 1983, éloigné la Gauche des errements gauchistes du passé ("Changer la vie" ? Foutaises utopistes ! "Abattre le mur de l'argent" ? Bolchévisme rampant ! "Le Pouvoir aux travailleurs" ? Maoïsme sournois ! Pourquoi pas "L'imagination au pouvoir", tant qu'on y est !)
Grâce à eux, je ne me laissais pas gagner par le délire des nunuches hypnotisées par la Bécassine qui avait le culot, dévorée par une passion égotique désinhibée par le vote de 60% des militants aveuglés, de vouloir être la première femme (ça, j'étais très pour) à présider aux destinées du pays.
Sachant que la sociologie politique était telle qu'elle ne serait pas élue, j'ai voté Bayrou (un des rares de Droite que je respecte, avec Dupont-Aignan, et même Villepin), par antisarkozysme primaire, pour essayer d'éviter la catastrophe. Sans cet objectif impératif, j'aurais voté Royal, espérant qu'une femme mettrait fin aux deux scandales qui me faisaient le plus hurler (pas de camps de concentration, à l'époque) : l'ignoble passivité des Pouvoirs Publics face aux violences masculines (au moins 6 mortes par mois, des centaines de milliers de victimes terrorisées au quotidien et martyrisées si souvent, et qui se taisent ! Comme le voisinage, qui, lui, n'y est pas obligé ; mais qui appeler ?), et l'irresponsabilité collective des adultes face à la maltraitance des enfants par l'hallucinant poids des cartables (cas vécu dans mon entourage : 9kg pour un enfant de 27 kg ! 33% ! Êtes-vous donc tous fous ? Tous ceux qui s'en foutent devraient être condamnés à aller au boulot avec un sac de 33% de leur poids. En 3 jours, on aurait une révolution. Tas de malades !)
Au 2ème tour, bien sûr, j'ai voté Royal, mais je n'étais pas contaminé. La preuve, j'avais inventé un slogan pour convaincre les naïfs, mais surtout les naïves impressionnées par le séducteur, slogan qui montrait bien mon indépendance d'esprit : "Plutôt la gourde que le gourdin !"
On le voit, j'étais parfaitement sain d'esprit.
Aux ségolénistes qui me reprocheraient de m'être laissé conditionner jusqu'à l'os, moi qui me croyais très informé, par une Propagande massive, je répondrai que je ne suis pas le seul : eux-mêmes ne se sont jamais posé la moindre question sur le point d'évaporation du titane ( 11 septembre 2001, LA PREUVE- Le titane s'évapore à 3287°C, le kérosène atteint 980°C : pas de réacteurs = pas d'avion ), ni sur l'étrange grève sauvage de Newton qui suspendit temporairement sa loi sur la conservation du momentum.
Ségolène Royal s'est elle-même laissée avoir par la propagande anti enseignants : c'est une enseignante, pourtant électrice de Sarkozy (mais revenue sur terre depuis), qui m'a informé hier soir que; dans la comparaison des horaires avec les enseignants allemands, on oubliait de préciser, outre la grande disparité des salaires, que là-bas, une "heure" dure 45 mn. Ils sont donc en activité QUATRE HEURES DE MOINS que leurs collègues français. Je sais, je sais, moi aussi, ça me l'a coupée. Un si beau mensonge, depuis tant d'années ! Détruit, en une phrase, par une ex-sarkozyste ; à qui se fier ?
Alors, la Propagande, personne n'en est à l'abri. L'intoxication est massive. Que chacun(e) questionne ses convictions et ses croyances, surtout quand elles s'accordent bien à la Propagande (c'est un signe très pratique, souvent révélateur d'erreur par intoxication) et aille TOUT vérifier sur la Toile, où TOUT est disponible.
Et il est assez facile de glisser d'une paisible soumission mentale à la Propagande à un extrémisme outrancier.
Ainsi, après avoir fait ma minute de silence le 12 septembre 2001 et avoir soutenu l'invasion de l'Afghanistan et même de l'Irak, je suis devenu, après des centaines d'heures d'étude anxieuse sur la Toile, un pourfendeur acharné du mensonge officiel hégémonique qui conditionne tant de citoyens, de la masse des militants PS aux plus brillants cerveaux de notre glorieuse Civilisation bienfaitrice, qui purifie l'Infidèle par le Feu et le Sang : Ruquier, Bénichou, Morandini, Régnier, Redecker. Béhachel, le Nouvel Aigle de Meaux, pas franchement censuré par Le Monde, "Libé" et consorts, a beau tenter, en proclamant, du haut de sa chaire de Nouveau Philosophe dont l'ont honoré les médias unanimes, que (je cite) "l'anti-bushisme est un antisémitisme" (si, si, il a dit ça !), de faire revenir à la raison les simples d'esprit conditionnés par l'ignoble Thierry Meyssan, qui est passé 17 fois à la télé en 2007 (heureusement, pas en France, car la presse est libre. D'ailleurs, le misérable s'est exilé, pour sauver sa misérable peau), rien n'y fait.
La lumineuse Marion Cotillard persiste et signe : « Ce serait en effet plus facile de déclarer : "J'ai dit des bêtises, l'histoire officielle est la bonne." Mon entourage préférerait que j'adopte cette position. Mais je ne peux pas. Je ne peux pas être quelqu'un que je ne suis pas, je ne peux pas mentir. J'ai été traitée d'abrutie, mais je préfère passer pour une abrutie que pour une menteuse. Je suis juste quelqu'un qui essaye d'avoir un regard large, de se renseigner, de comprendre. »
"je préfère passer pour une abrutie que pour une menteuse" : quelle pauvreté d'imagination ! Car ses attaquants parviennent fort bien à concilier les deux.
Quant à Jean-Marie Bigard, il ne fait que débuter, il faut lui laisser le temps. Quand il va prendre toute la mesure, directement sur sa carrière, du fascisme médiatique, quand le flot de crachats aura fait déborder le vase de sa patience, et que l'insulte "négationniste" de rigueur lui aura donné des envies de meurtre, je ne doute pas que, l'Évangile dans une main et l'humour dans l'autre (il ne pourra donc pas se gratter les couilles, mais la Vérité vaut bien un sacrifice), il ne nous sorte un sketch ravageur qui remettra bien des idées en place. J'attends ça avec gourmandise.
Mais, bon, sur le 11 septembre, c'est de l'objectif, du concret, et même les souvenirs scolaires d'un littéraire invétéré, qui jouait au morpion pendant les cours de chimie, suffisent à comprendre l'évidence.
Pour Ségolène Royal, pas de titane, la seule température dont on puisse parler ne peut être que celle de l'ambiance au Zénith, suffisante pour faire évaporer ce qui me restait de raison. Quelle folie d'y être allé ! Tout ça pour coller une bise à La Chaloupe, pfff... J'aurais pourtant bien du sentir le danger, les signes ne manquaient pas !
Les premiers signes inquiétants sont apparus début Juillet 2008, à mon arrivée sur LePost.fr, après la rédaction de " Royal 58%, Sarkozy 42% : c'était compter sans les Anciens ! ". J'ai commis l'erreur, sitôt l'encre séchée, de le lire, et d'en retenir 4 chiffres : 14 millions d'actifs pour Royal, 9 millions pour Sarkozy ; 3 millions de retraités pour Royal, 10 millions pour Sarkozy.
J'ai cessé alors de croire au mythe des 47/53, 17 millions contre 19 millions, remplacé par 14+3 contre 9+10 . Ce qui change tout : le "candidat des riches élu par les vieux" a évincé, par une roublarde parole réactionnaire et des promesses fallacieuses, l'incontestable représentante des forces vives de la Nation :
5 millions de voix d'actifs de plus !
Mon état s'est aggravé quand, tout faraud, j'ai balancé devant un pote cheminot mon brillant slogan "Plutôt la gourde que le gourdin !" Wouaou ! J'ai cru qu'il allait m'éborgner. J'ai eu honte de ma connerie, et me suis convoqué, toute affaire cessant, pour une courte mais sérieuse séance d'autocritique, dans la plus pure tradition maoïste. Le résultat fut, constatant, 1 an après la "défaite", la persistance de l'adhésion populaire, mon ralliement résolu à la cause du peuple. Je mis alors ma plume au service de cette cause, d'autant plus résolument que, sans la perspective Royal, c'est le désert désespérant, et l'explosion sanglante.
Mais je gardais encore ma réserve quant à la personne même.
En arrivant au Zénith, si j'étais très impressionné par l'enthousiasme que j'avais constaté dans le car et tout ce que j'avais appris sur la vérité des chiffres dans le PS (mais je leur en ai appris pas mal sur les liens de Jospin et Cambadélis avec le sanguinaire Irving Brown, de DSK avec Rice, de Fabius et Aubry avec le gang du Siècle), je restais sur ma ligne politique, que j'ai déballée à Françoise Degois, de France Carla, heu, Inter, qui m'interrogeait (ce n'est pas passé sur les ondes, au 7/9 du Dimanche du Stéphane Paoli de sinistre mémoire pour un noniste) : soutien total au mouvement populaire, mais prudence par rapport à la personne.
J'aurais du m'enfuir à ce moment, tant qu'il en était encore temps.
Las ! Je suis entré. Et l'attente fébrile qui animait mes compagnons, l'observation des portes qui dégorgeaient des flots d'adeptes surchauffés, ininterrompus d'abord, puis par saccades selon l'arrivée des cars, le lent remplissage de ces milliers de sièges, n'ont fait qu'augmenter mon impatience de voir enfin de près l'objet de leur frénésie, d'avoir enfin droit, pour la première fois, à un discours intégral plutôt qu'à des phrases découpées pour le journal. Pendant la campagne de 2007, hors la campagne officielle : 1 minute de parole à la candidate + 9 minutes aux journalistes pour la démolir + 5 aux opposants pour persifler = 15 minutes sur le sujet "Candidature Royal". Pour "Candidature Sarkozy", mêmes proportions, mais un peu inversées : 9 minutes pour le candidat + 5 minutes pour en faire le dithyrambe impartial + 1 minute aux opposants internes.
Là, j'allais pouvoir me faire MON idée sur la personne. Et les groupies surchauffées ne m'influenceraient pas plus que je ne m'auto-convaincrais en réaction aux médisances des médias. À moi, elle ne la ferait pas. Les ficelles des politiciens, je les connais. On monte la voix pour que le public applaudisse. On martèle l'attaque contre l'ennemi pour que le public gronde et hue. On trémolise quand on parle des pauvres, des exclus, des handicapés. On visionnarise en parlant des lendemains qui chantent. Ils ont même des "conseillers en communication" !
Imagine-t-on un De Gaulle approché par un "conseiller en communication" soucieux de l'aider à ne pas perdre le référendum de 69 ? Pour lui apprendre comment tromper le peuple, en se faisant passer pour quelqu'un d'autre que celui que l'on est (remarque, ça aurait été un peu tard ...) ? De mettre une cravate bleue, plutôt qu'une grise ? De sourire avec aménité à la caméra ?Mais il aurait eu envie de le faire fusiller, pour haute trahison de l'idéal démocratique et insulte au citoyen, traité comme un vulgaire client par qui un commercial roublard doit faire signer le bon de commande, par n'importe quel moyen ! Et il lui aurait au moins fait dévaler d'une traite les marches qui mènent au perron de l'Élysée, d'un solide coup de pompe dans l'arrière train !
Aussi, certaines attitudes de Royal durant la campagne, qui me paraissaient marquées du sceau de ce professionnalisme "politique" de fort mauvais aloi, de ce popularisme qui me paraît la négation même du politique, certaines réactions trop affectées (la personne en fauteuil roulant) qui sonnaient faux, certains sourires dont la présence des caméras entachait la crédibilité, tout cela m'avait fait penser à quelqu'un qui est dépassé par la taille de son rôle, et qui tente vaille que vaille de s'adapter aux attentes. "Elle n'a pas les épaules, le costume est trop grand pour elle", m'étais-je dit à l'époque. Et en parlant de costume, ses tailleurs ringards BCBG ... bref.
C'était décidé : à moi, elle ne la ferait pas.
...
La vache !
Elle a commencé fort : son sarouel bleu-chaipasquoi, je suppose que c'était une idée à elle, une idée de femme. Elles n'ont pas besoin de "conseiller en communication" pour ça, les garces ! Elle m'a scotché. Je croyais voir une politicienne, j'ai vu une militante presque ordinaire, mais survoltée, libérée de toute contrainte et de tout faux semblant, incroyablement naturelle. Je croyais voir une bourgeoise coincée, sur le retour, avec un sourire gibbs, j'ai vu une femme resplendissante, jeune et belle.
En un flash, je me suis remémoré un bref échange devant la télé, durant la campagne, avec un pote chauffeur routier. Il avait exprimé, en des termes enthousiastes que le sérieux de mon discours, autant que la décence, me dissuadent de rapporter ici, qu'elle lui semblait fort accorte. Ce à quoi j'avais répondu que moi, elle me laissait parfaitement froid.
Un an après, d'un seul coup, disons que j'ai perdu un bon paquet d'années, et restons-en là.
Mes compagnes de devant, montées sur ressort (la sciatique n'est plus ce qu'elle était), m'ont aidé, en me bouchant la vue, à me concentrer sur le discours, où j'espérais pouvoir retrouver mes distances. Mais j'ai vite regretté qu'elle l'ait écrit elle-même. Avec un Henri Guaino quelconque, mais moins à droite, un Béhachel, par exemple, je n'aurais pas risqué de choc littéraire. Là, j'ai eu l'impression de me lire, en plus gracieux.
Un humour féroce qui défouraille à tout va, un petit mot aimable pour chacun, histoire de ne pas faire de jaloux, question langue de bois, on restait sur sa faim. Le contraste entre toutes les saloperies qui furent et sont déversées sur elle, par tombereaux, et la réalité de cette salle vibrante et frémissante qui la portait littéralement, de ces millions de péquins, dont nous n'étions que les chanceux représentants, mais dont la présence symbolique était palpable, ces millions de péquins qui avaient placé leurs espérances en elle, auxquels s'ajoutent et s'ajouteront de plus en plus les déçus du bateleur et de ses éléphantesques acolytes, ce contraste provoquait l'hilarité, et de l'oratrice, et de ses milliers de potes.
La jouissance.
Être tous là, dans une fraternité que je n'avais pas connue depuis 35 ans (depuis Le Petit Gavroche), venus des fameux 4 coins de l'hexagone (pour les jeunes : en fait, c'est 5) dans notre vorace désir d'avenir et notre impatience d'en découdre, et savoir d'avance ce qu'une poignée d'aigrefins, accapareurs des ondes et des rotatives, squatters morgueux de tout l'espace public, et un quarteron de caciques en perdition, sans troupes et sans perspectives, ce que tous ces aigris diraient d'elle et de nous, au lieu de provoquer notre colère, ça nous faisait crouler de rire. On les emmerde. On les plains. Dans leur panique de ne plus pouvoir contrôler cette lame de fond, où se mélangent le ras-le-bol et l'espoir, ils se raccrochent à leurs pauvres illusions de délivrer la parole experte, sérieuse, raisonnable. Ils s'écoutent parler, et sont de plus en plus seuls à le faire. On va leur faire le coup du référendum, format adulte.
La grand messe de la fusion Hollande-Delanoë, largement relayée par des télés complaisantes, s'est déroulée, en plein Paris, devant ... 400 personnes. Un événement planétaire.
Là, on savait déjà qu'on aurait droit à un entrefilet, quelques phrases hachées de Royal ou le "je" dominerait, deux ou trois plans larges rapides genre match de foot, pour montrer cette foule un peu stupide buvant religieusement les paroles de sa grande prêtresse, et basta. L'analyse politique parlerait de show à l'américaine, d'effets faciles devant une salle acquise, d'ambition personnelle hors de toute dynamique de parti, de vide conceptuel, etc. Nous savions tout cela. Et ça n'avait plus aucune importance.
Car nous sommes le Peuple, et l'Histoire est en marche.
C'est à ce stade de mes réflexions, alors que les paroles de notre déléguée m'avaient déjà atteint l'âme, si profond que j'en pleurais (j'ai appris, plus tard, que ce fut le cas de beaucoup), que j'ai senti ce qui avait changé.
J'ai compris en un éclair tout ce qui m'étonnait un peu dans les critiques des médias : mystique, la madone, les adeptes, tout ça.
L'enthousiasme avait fait place à la ferveur.
Une image s'était soudain imposée avec force à mon esprit chaviré, surprenante mais évidente, lumineuse, bouleversante : Jeanne d'Arc.
Alors, j'ai déposé les armes. J'ai tapoté le bras de mon tout nouveau pote, mais néanmoins déjà mon frère, Gérard du 13, solide viticulteur du Gard profond, dont l'accent que j'aime tant me rappelle irrésistiblement 1907 et les braves pioupious du 17ème, et j'ai été heureux d'offrir, à ce vieux socialo qui le méritait bien, ma reddition de vieux communard méfiant.
La gorge un peu nouée, comme à ma communion solennelle, j'ai soufflé : "J'ai compris".
Il n'a même pas eu l'air surpris, le con !
Heureusement qu'à la sortie, quand j'ai annoncé fièrement mon entrée dans la secte des Ségolins, le jeune Asse42 a marqué le coup : me prenant dans ses bras avec fougue, il m'a embrassé avec tendresse. C'est que j'ai un cœur d'artichaut, moi ! Comme tous les humains, je me nourris de symboles. Mais moi, je le sais.
Du coup, je lui pardonne, à la Ségolène, pour la perte de ma crédibilité. C'était trop chouette, son zénith de la Fraternité !
La Bastoche en 81, à côté, c'était de la gnognote. Tudieu, 35 ans que je n'avais pas ressenti ça !
Quand c'est qu'on recommence ?
Par merle moqueur www.lepost.fr
J'ai voulu me joindre à l'implacable réquisitoire de pusiher " J'accuse Ségolène Royal... ", et mes 2 doigts ont couru, couru, dans une compétition haletante pour rattraper les mots qui se bousculaient au portillon de ma pauvre tête, mais qui, abandonnant leur propre compétition interne, se liguaient pour se moquer de mes pauvres doigts. Alors, bien sûr, pas question de tenir en commentaires sous l'article de pusiher. Aussi, je me résous à en faire un article, en espérant que nous soyons de plus en plus nombreux à dénoncer ce diable en sarouel qui nous entraîne, un par un, à la perdition mentale où le pays s'abîme, s'abîme, et qui, par son ignoble show à l'américaine qui mêlait des militants PS pervertis à de misérables péquins même pas encartés, voire à d'infâmes vieux communards, a réduit plus de 4000 "personnes" à l'état lamentable de loques humaines. Dans mon car, il y avait même une psychiatre ! Mais où va-t-on ?!
J'accuse Marie-Ségolène de n'être, comme le montre si candidement la page 93 de son livre "Ma plus belle histoire c'est vous", que la marionnette pantelante du rusé théoricien prolétarien Élie Arié, qui ne feint d'appeler, avec beaucoup de sagesse, à renoncer à "l'anti-sarkozysme primaire", et d'apparaître comme un sous-marin de Max Gallo, que pour mieux provoquer, par ses diatribes méprisantes pour les nunuches, les mal-comprenantes nullissimes, les bons stals et toute cette faune irresponsable, une réaction plébéienne du Bas-Peuple, pour amplifier le mouvement révolutionnaire dont des dizaines d'autocars emplis de fanatiques écervelés ont vibré pendant des heures.
J'accuse Marie-Ségolène d'avoir voulu, par ces manœuvres répugnantes, harceler les malheureux chauffeurs de cars au point de provoquer des accidents spectaculaires sur les belles autoroutes que notre glorieux président a fait construire. Heureusement, ces travailleurs avisés ont résisté, concentrés sur l'objectif d'amener ces pauvres gens au Zénith pour que la presse indépendante et objective puisse amplement montrer le lavage de cerveau dont ces simples d'esprit font l'objet, s'auto-fanatisant à l'extrême avant même de perdre tout contrôle quand leurs exhortations hystériques, comme celles des enfants réclamant Guignol, ont fait apparaître leur idole malfaisante.
J'accuse Marie-Ségolène d'avoir maltraité une pauvre femme de 77 ans (5 ans en 36, 14 ans en 45, 37 ans en 68) qui, portée par la ferveur mystique des quelques adeptes de la secte pourtant clairsemés dans une salle presque vide, et malgré sa sciatique, a voulu monter sur les sièges bancals pour exprimer toute la puissance de son dérangement mental en saluant avec frénésie, le corps saisi des soubresauts caractéristiques de la possession démoniaque, tout l'entourage de la gourou présent sur la scène (dont la malheureuse Christiane Taubira, sans doute otage). Heureusement, d'authentiques militants socialistes de longue date, dont Gérard du 13, avec l'aide d'un improbable communard égaré, ont fait échec à ce plan machiavélique en soutenant fermement la mémé, qui n'est pas tombée ! Bon, son état mental ne s'est pas amélioré pour autant : j'étais dans son car, et je puis témoigner qu'elle était pire au retour qu'à l'aller, malgré sa sciatique, les lèvres crispées dans un sourire irrépressible. Je n'ai rien pu faire pour l'aider, car j'avais moi-même été mis en transes, par ce car psychiatrique.
J'accuse Marie-Ségolène d'avoir, par ses diatribes d'extrême- gauche, amené un authentique militant socialiste de très longue date, ce même Gérard du 13, à retomber dans les erreurs de sa jeunesse, jusqu'à lever le poing ! Si, je l'ai vu ! Elle ne peut nier, j'étais à côté de lui ! D'ailleurs, cet illuminé proclame à qui veut l'entendre que la motion sectaire va obtenir 54% des voix des militants du PS. Lamentable.
Enfin, j'accuse personnellement Marie-Ségolène de m'avoir fait perdre toute crédibilité.
Il y a un an, j'étais au plus fort de ma lucidité, mieux, de ma clairvoyance ! Enfermé dans ma grotte, en grand intellectuel fin observateur, hyper-informé par la petite lucarne le soir et les diverses radios le jour (une douzaine de journaux), j'étais bien à l'abri des délires collectifs de la campagne de la folle.
J'étais abondamment informé par des journalistes indépendants, impartiaux, objectifs, diversifiés, et tout, et tout, bref, un modèle de déontologie comme on n'en avait pas vu depuis 1944 et Radio Paris (si, peut-être, pendant la campagne référendaire). Ne pratiquant aucune sélection dans les extraits émis, ils donnaient la parole à tout le monde, surtout aux gens raisonnables qui, à partir d'une analyse froide, raisonnée et argumentée, allaient porter au pouvoir la sagesse incarnée, le modèle de cohérence et d'équilibre mental que le monde entier nous envie. Cet analyste puissant, qui, à Dakar, a fait enfin entrer les Africains dans l'Histoire, qui, à Ryad, a terrassé l'obscurantisme, qui suit si bien les méandres du Réel qu'il sait nous conduire de l'ultra libéralisme échevelé à un étatisme raisonné. De la Droite décomplexée à la Gauche hardie du RSA qui va enfin mettre les flemmards au boulot, et mettre fin à l'immonde assistanat ! Du Bouclier Fiscal, si inspiré puisque tous les exilés sont revenus, à la chasse aux profiteurs du capitalisme financier, si convaincante. Tremblez, vampires ! Le Petit Timonier vous a à l'œil !
Cette presse vigilante donnait aussi largement la parole, dans un parfait équilibre, aux farouches opposants à cet immense vague sarkozyste authentiquement populaire, les locomotives du PS : Strauss Kahn, le protégé de Condoleezza Rice, anti-sarkozyste résolu bien que privatisateur compulsif, Fabius, du Siècle, l'opérateur du tournant raisonnable du père d'Aubry, en 1983, pour réparer les conneries populistes de Mauroy (qui a compris, puisqu'il soutient la fille de Delors), et protecteur des malheureux enfants abandonnés de la folle. Je ne vais pas ici citer tous les lumineux responsables du PS qui ont patiemment, depuis 1983, éloigné la Gauche des errements gauchistes du passé ("Changer la vie" ? Foutaises utopistes ! "Abattre le mur de l'argent" ? Bolchévisme rampant ! "Le Pouvoir aux travailleurs" ? Maoïsme sournois ! Pourquoi pas "L'imagination au pouvoir", tant qu'on y est !)
Grâce à eux, je ne me laissais pas gagner par le délire des nunuches hypnotisées par la Bécassine qui avait le culot, dévorée par une passion égotique désinhibée par le vote de 60% des militants aveuglés, de vouloir être la première femme (ça, j'étais très pour) à présider aux destinées du pays.
Sachant que la sociologie politique était telle qu'elle ne serait pas élue, j'ai voté Bayrou (un des rares de Droite que je respecte, avec Dupont-Aignan, et même Villepin), par antisarkozysme primaire, pour essayer d'éviter la catastrophe. Sans cet objectif impératif, j'aurais voté Royal, espérant qu'une femme mettrait fin aux deux scandales qui me faisaient le plus hurler (pas de camps de concentration, à l'époque) : l'ignoble passivité des Pouvoirs Publics face aux violences masculines (au moins 6 mortes par mois, des centaines de milliers de victimes terrorisées au quotidien et martyrisées si souvent, et qui se taisent ! Comme le voisinage, qui, lui, n'y est pas obligé ; mais qui appeler ?), et l'irresponsabilité collective des adultes face à la maltraitance des enfants par l'hallucinant poids des cartables (cas vécu dans mon entourage : 9kg pour un enfant de 27 kg ! 33% ! Êtes-vous donc tous fous ? Tous ceux qui s'en foutent devraient être condamnés à aller au boulot avec un sac de 33% de leur poids. En 3 jours, on aurait une révolution. Tas de malades !)
Au 2ème tour, bien sûr, j'ai voté Royal, mais je n'étais pas contaminé. La preuve, j'avais inventé un slogan pour convaincre les naïfs, mais surtout les naïves impressionnées par le séducteur, slogan qui montrait bien mon indépendance d'esprit : "Plutôt la gourde que le gourdin !"
On le voit, j'étais parfaitement sain d'esprit.
Aux ségolénistes qui me reprocheraient de m'être laissé conditionner jusqu'à l'os, moi qui me croyais très informé, par une Propagande massive, je répondrai que je ne suis pas le seul : eux-mêmes ne se sont jamais posé la moindre question sur le point d'évaporation du titane ( 11 septembre 2001, LA PREUVE- Le titane s'évapore à 3287°C, le kérosène atteint 980°C : pas de réacteurs = pas d'avion ), ni sur l'étrange grève sauvage de Newton qui suspendit temporairement sa loi sur la conservation du momentum.
Ségolène Royal s'est elle-même laissée avoir par la propagande anti enseignants : c'est une enseignante, pourtant électrice de Sarkozy (mais revenue sur terre depuis), qui m'a informé hier soir que; dans la comparaison des horaires avec les enseignants allemands, on oubliait de préciser, outre la grande disparité des salaires, que là-bas, une "heure" dure 45 mn. Ils sont donc en activité QUATRE HEURES DE MOINS que leurs collègues français. Je sais, je sais, moi aussi, ça me l'a coupée. Un si beau mensonge, depuis tant d'années ! Détruit, en une phrase, par une ex-sarkozyste ; à qui se fier ?
Alors, la Propagande, personne n'en est à l'abri. L'intoxication est massive. Que chacun(e) questionne ses convictions et ses croyances, surtout quand elles s'accordent bien à la Propagande (c'est un signe très pratique, souvent révélateur d'erreur par intoxication) et aille TOUT vérifier sur la Toile, où TOUT est disponible.
Et il est assez facile de glisser d'une paisible soumission mentale à la Propagande à un extrémisme outrancier.
Ainsi, après avoir fait ma minute de silence le 12 septembre 2001 et avoir soutenu l'invasion de l'Afghanistan et même de l'Irak, je suis devenu, après des centaines d'heures d'étude anxieuse sur la Toile, un pourfendeur acharné du mensonge officiel hégémonique qui conditionne tant de citoyens, de la masse des militants PS aux plus brillants cerveaux de notre glorieuse Civilisation bienfaitrice, qui purifie l'Infidèle par le Feu et le Sang : Ruquier, Bénichou, Morandini, Régnier, Redecker. Béhachel, le Nouvel Aigle de Meaux, pas franchement censuré par Le Monde, "Libé" et consorts, a beau tenter, en proclamant, du haut de sa chaire de Nouveau Philosophe dont l'ont honoré les médias unanimes, que (je cite) "l'anti-bushisme est un antisémitisme" (si, si, il a dit ça !), de faire revenir à la raison les simples d'esprit conditionnés par l'ignoble Thierry Meyssan, qui est passé 17 fois à la télé en 2007 (heureusement, pas en France, car la presse est libre. D'ailleurs, le misérable s'est exilé, pour sauver sa misérable peau), rien n'y fait.
La lumineuse Marion Cotillard persiste et signe : « Ce serait en effet plus facile de déclarer : "J'ai dit des bêtises, l'histoire officielle est la bonne." Mon entourage préférerait que j'adopte cette position. Mais je ne peux pas. Je ne peux pas être quelqu'un que je ne suis pas, je ne peux pas mentir. J'ai été traitée d'abrutie, mais je préfère passer pour une abrutie que pour une menteuse. Je suis juste quelqu'un qui essaye d'avoir un regard large, de se renseigner, de comprendre. »
"je préfère passer pour une abrutie que pour une menteuse" : quelle pauvreté d'imagination ! Car ses attaquants parviennent fort bien à concilier les deux.
Quant à Jean-Marie Bigard, il ne fait que débuter, il faut lui laisser le temps. Quand il va prendre toute la mesure, directement sur sa carrière, du fascisme médiatique, quand le flot de crachats aura fait déborder le vase de sa patience, et que l'insulte "négationniste" de rigueur lui aura donné des envies de meurtre, je ne doute pas que, l'Évangile dans une main et l'humour dans l'autre (il ne pourra donc pas se gratter les couilles, mais la Vérité vaut bien un sacrifice), il ne nous sorte un sketch ravageur qui remettra bien des idées en place. J'attends ça avec gourmandise.
Mais, bon, sur le 11 septembre, c'est de l'objectif, du concret, et même les souvenirs scolaires d'un littéraire invétéré, qui jouait au morpion pendant les cours de chimie, suffisent à comprendre l'évidence.
Pour Ségolène Royal, pas de titane, la seule température dont on puisse parler ne peut être que celle de l'ambiance au Zénith, suffisante pour faire évaporer ce qui me restait de raison. Quelle folie d'y être allé ! Tout ça pour coller une bise à La Chaloupe, pfff... J'aurais pourtant bien du sentir le danger, les signes ne manquaient pas !
Les premiers signes inquiétants sont apparus début Juillet 2008, à mon arrivée sur LePost.fr, après la rédaction de " Royal 58%, Sarkozy 42% : c'était compter sans les Anciens ! ". J'ai commis l'erreur, sitôt l'encre séchée, de le lire, et d'en retenir 4 chiffres : 14 millions d'actifs pour Royal, 9 millions pour Sarkozy ; 3 millions de retraités pour Royal, 10 millions pour Sarkozy.
J'ai cessé alors de croire au mythe des 47/53, 17 millions contre 19 millions, remplacé par 14+3 contre 9+10 . Ce qui change tout : le "candidat des riches élu par les vieux" a évincé, par une roublarde parole réactionnaire et des promesses fallacieuses, l'incontestable représentante des forces vives de la Nation :
5 millions de voix d'actifs de plus !
Mon état s'est aggravé quand, tout faraud, j'ai balancé devant un pote cheminot mon brillant slogan "Plutôt la gourde que le gourdin !" Wouaou ! J'ai cru qu'il allait m'éborgner. J'ai eu honte de ma connerie, et me suis convoqué, toute affaire cessant, pour une courte mais sérieuse séance d'autocritique, dans la plus pure tradition maoïste. Le résultat fut, constatant, 1 an après la "défaite", la persistance de l'adhésion populaire, mon ralliement résolu à la cause du peuple. Je mis alors ma plume au service de cette cause, d'autant plus résolument que, sans la perspective Royal, c'est le désert désespérant, et l'explosion sanglante.
Mais je gardais encore ma réserve quant à la personne même.
En arrivant au Zénith, si j'étais très impressionné par l'enthousiasme que j'avais constaté dans le car et tout ce que j'avais appris sur la vérité des chiffres dans le PS (mais je leur en ai appris pas mal sur les liens de Jospin et Cambadélis avec le sanguinaire Irving Brown, de DSK avec Rice, de Fabius et Aubry avec le gang du Siècle), je restais sur ma ligne politique, que j'ai déballée à Françoise Degois, de France Carla, heu, Inter, qui m'interrogeait (ce n'est pas passé sur les ondes, au 7/9 du Dimanche du Stéphane Paoli de sinistre mémoire pour un noniste) : soutien total au mouvement populaire, mais prudence par rapport à la personne.
J'aurais du m'enfuir à ce moment, tant qu'il en était encore temps.
Las ! Je suis entré. Et l'attente fébrile qui animait mes compagnons, l'observation des portes qui dégorgeaient des flots d'adeptes surchauffés, ininterrompus d'abord, puis par saccades selon l'arrivée des cars, le lent remplissage de ces milliers de sièges, n'ont fait qu'augmenter mon impatience de voir enfin de près l'objet de leur frénésie, d'avoir enfin droit, pour la première fois, à un discours intégral plutôt qu'à des phrases découpées pour le journal. Pendant la campagne de 2007, hors la campagne officielle : 1 minute de parole à la candidate + 9 minutes aux journalistes pour la démolir + 5 aux opposants pour persifler = 15 minutes sur le sujet "Candidature Royal". Pour "Candidature Sarkozy", mêmes proportions, mais un peu inversées : 9 minutes pour le candidat + 5 minutes pour en faire le dithyrambe impartial + 1 minute aux opposants internes.
Là, j'allais pouvoir me faire MON idée sur la personne. Et les groupies surchauffées ne m'influenceraient pas plus que je ne m'auto-convaincrais en réaction aux médisances des médias. À moi, elle ne la ferait pas. Les ficelles des politiciens, je les connais. On monte la voix pour que le public applaudisse. On martèle l'attaque contre l'ennemi pour que le public gronde et hue. On trémolise quand on parle des pauvres, des exclus, des handicapés. On visionnarise en parlant des lendemains qui chantent. Ils ont même des "conseillers en communication" !
Imagine-t-on un De Gaulle approché par un "conseiller en communication" soucieux de l'aider à ne pas perdre le référendum de 69 ? Pour lui apprendre comment tromper le peuple, en se faisant passer pour quelqu'un d'autre que celui que l'on est (remarque, ça aurait été un peu tard ...) ? De mettre une cravate bleue, plutôt qu'une grise ? De sourire avec aménité à la caméra ?Mais il aurait eu envie de le faire fusiller, pour haute trahison de l'idéal démocratique et insulte au citoyen, traité comme un vulgaire client par qui un commercial roublard doit faire signer le bon de commande, par n'importe quel moyen ! Et il lui aurait au moins fait dévaler d'une traite les marches qui mènent au perron de l'Élysée, d'un solide coup de pompe dans l'arrière train !
Aussi, certaines attitudes de Royal durant la campagne, qui me paraissaient marquées du sceau de ce professionnalisme "politique" de fort mauvais aloi, de ce popularisme qui me paraît la négation même du politique, certaines réactions trop affectées (la personne en fauteuil roulant) qui sonnaient faux, certains sourires dont la présence des caméras entachait la crédibilité, tout cela m'avait fait penser à quelqu'un qui est dépassé par la taille de son rôle, et qui tente vaille que vaille de s'adapter aux attentes. "Elle n'a pas les épaules, le costume est trop grand pour elle", m'étais-je dit à l'époque. Et en parlant de costume, ses tailleurs ringards BCBG ... bref.
C'était décidé : à moi, elle ne la ferait pas.
...
La vache !
Elle a commencé fort : son sarouel bleu-chaipasquoi, je suppose que c'était une idée à elle, une idée de femme. Elles n'ont pas besoin de "conseiller en communication" pour ça, les garces ! Elle m'a scotché. Je croyais voir une politicienne, j'ai vu une militante presque ordinaire, mais survoltée, libérée de toute contrainte et de tout faux semblant, incroyablement naturelle. Je croyais voir une bourgeoise coincée, sur le retour, avec un sourire gibbs, j'ai vu une femme resplendissante, jeune et belle.
En un flash, je me suis remémoré un bref échange devant la télé, durant la campagne, avec un pote chauffeur routier. Il avait exprimé, en des termes enthousiastes que le sérieux de mon discours, autant que la décence, me dissuadent de rapporter ici, qu'elle lui semblait fort accorte. Ce à quoi j'avais répondu que moi, elle me laissait parfaitement froid.
Un an après, d'un seul coup, disons que j'ai perdu un bon paquet d'années, et restons-en là.
Mes compagnes de devant, montées sur ressort (la sciatique n'est plus ce qu'elle était), m'ont aidé, en me bouchant la vue, à me concentrer sur le discours, où j'espérais pouvoir retrouver mes distances. Mais j'ai vite regretté qu'elle l'ait écrit elle-même. Avec un Henri Guaino quelconque, mais moins à droite, un Béhachel, par exemple, je n'aurais pas risqué de choc littéraire. Là, j'ai eu l'impression de me lire, en plus gracieux.
Un humour féroce qui défouraille à tout va, un petit mot aimable pour chacun, histoire de ne pas faire de jaloux, question langue de bois, on restait sur sa faim. Le contraste entre toutes les saloperies qui furent et sont déversées sur elle, par tombereaux, et la réalité de cette salle vibrante et frémissante qui la portait littéralement, de ces millions de péquins, dont nous n'étions que les chanceux représentants, mais dont la présence symbolique était palpable, ces millions de péquins qui avaient placé leurs espérances en elle, auxquels s'ajoutent et s'ajouteront de plus en plus les déçus du bateleur et de ses éléphantesques acolytes, ce contraste provoquait l'hilarité, et de l'oratrice, et de ses milliers de potes.
La jouissance.
Être tous là, dans une fraternité que je n'avais pas connue depuis 35 ans (depuis Le Petit Gavroche), venus des fameux 4 coins de l'hexagone (pour les jeunes : en fait, c'est 5) dans notre vorace désir d'avenir et notre impatience d'en découdre, et savoir d'avance ce qu'une poignée d'aigrefins, accapareurs des ondes et des rotatives, squatters morgueux de tout l'espace public, et un quarteron de caciques en perdition, sans troupes et sans perspectives, ce que tous ces aigris diraient d'elle et de nous, au lieu de provoquer notre colère, ça nous faisait crouler de rire. On les emmerde. On les plains. Dans leur panique de ne plus pouvoir contrôler cette lame de fond, où se mélangent le ras-le-bol et l'espoir, ils se raccrochent à leurs pauvres illusions de délivrer la parole experte, sérieuse, raisonnable. Ils s'écoutent parler, et sont de plus en plus seuls à le faire. On va leur faire le coup du référendum, format adulte.
La grand messe de la fusion Hollande-Delanoë, largement relayée par des télés complaisantes, s'est déroulée, en plein Paris, devant ... 400 personnes. Un événement planétaire.
Là, on savait déjà qu'on aurait droit à un entrefilet, quelques phrases hachées de Royal ou le "je" dominerait, deux ou trois plans larges rapides genre match de foot, pour montrer cette foule un peu stupide buvant religieusement les paroles de sa grande prêtresse, et basta. L'analyse politique parlerait de show à l'américaine, d'effets faciles devant une salle acquise, d'ambition personnelle hors de toute dynamique de parti, de vide conceptuel, etc. Nous savions tout cela. Et ça n'avait plus aucune importance.
Car nous sommes le Peuple, et l'Histoire est en marche.
C'est à ce stade de mes réflexions, alors que les paroles de notre déléguée m'avaient déjà atteint l'âme, si profond que j'en pleurais (j'ai appris, plus tard, que ce fut le cas de beaucoup), que j'ai senti ce qui avait changé.
J'ai compris en un éclair tout ce qui m'étonnait un peu dans les critiques des médias : mystique, la madone, les adeptes, tout ça.
L'enthousiasme avait fait place à la ferveur.
Une image s'était soudain imposée avec force à mon esprit chaviré, surprenante mais évidente, lumineuse, bouleversante : Jeanne d'Arc.
Alors, j'ai déposé les armes. J'ai tapoté le bras de mon tout nouveau pote, mais néanmoins déjà mon frère, Gérard du 13, solide viticulteur du Gard profond, dont l'accent que j'aime tant me rappelle irrésistiblement 1907 et les braves pioupious du 17ème, et j'ai été heureux d'offrir, à ce vieux socialo qui le méritait bien, ma reddition de vieux communard méfiant.
La gorge un peu nouée, comme à ma communion solennelle, j'ai soufflé : "J'ai compris".
Il n'a même pas eu l'air surpris, le con !
Heureusement qu'à la sortie, quand j'ai annoncé fièrement mon entrée dans la secte des Ségolins, le jeune Asse42 a marqué le coup : me prenant dans ses bras avec fougue, il m'a embrassé avec tendresse. C'est que j'ai un cœur d'artichaut, moi ! Comme tous les humains, je me nourris de symboles. Mais moi, je le sais.
Du coup, je lui pardonne, à la Ségolène, pour la perte de ma crédibilité. C'était trop chouette, son zénith de la Fraternité !
La Bastoche en 81, à côté, c'était de la gnognote. Tudieu, 35 ans que je n'avais pas ressenti ça !
Quand c'est qu'on recommence ?
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