À mini-sommet, mini-résultats, déplore l'opposition

Publié le par Vincent-Marie

Reuters - Dimanche 5 octobre, 19h42

PARIS (Reuters) - L'opposition française a souligné dimanche les insuffisances du mini-sommet européen de l'Elysée sur la crise financière et reproché à Nicolas Sarkozy son côté brouillon et son imprévoyance.

La veille, le président français a obtenu que les quatre pays européens du G8 s'engagent à tout faire pour soutenir leurs banques en difficulté et réclament la convocation d'un sommet international en vue d'une réforme "réelle et complète" du système financier mondial.

François Hollande, Premier secrétaire du Parti socialiste, a regretté que le sommet de l'Elysée n'ait réuni que quatre pays, déplorant le manque "d'objectifs clairs, chiffrés", notamment sur les moyens d'accès au crédit.

"A mini-sommet, mini-résultats", a-t-il lancé sur Europe 1, estimant que des pays qui "affrontent peut-être avec plus de dureté la crise", comme l'Espagne, auraient dû être associés à la réunion à l'Elysée.

Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, a eu des mots sévères sur l'imprévoyance du chef de l'Etat, soulignant que les Français étaient dans "de grandes difficultés" plusieurs mois avant la crise financière.

"Le président de la République a, sur ce point là comme sur d'autres, été imprévoyant, brouillon. Malheureusement, il n'a pas pris la hauteur, il n'a pas pris le temps de chercher l'efficacité", a-t-il dit au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

"Il marche à la godille (...) Il s'y est pris tard, il s'y est pris mal parce qu'il ne leur demande pas leur avis avant, ce qui fait qu'il s'est retrouvé dans une situation de blocage", a-t-il ajouté.

"Mes interrogations sont entières et je n'ai pas trouvé non plus dans les annonces, les 'décisions' prises à la suite du sommet de l'Elysée, des choses extrêmement concrètes", a renchéri le président du MoDem, François Bayrou, sur Radio J.

"IMPRÉPARATION"

Lui aussi a regretté que seuls "les soi-disant grands Européens" aient été invités autour de la table.

Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, avait auparavant invité l'opposition à modérer ses attaques.

"La gauche pourrait, dans une situation comme celle-ci, faire preuve d'un sentiment d'objectivité renforcée dans l'analyse de certains problèmes", a-t-il déclaré sur Europe 1.

"Reprocher à Nicolas Sarkozy et au gouvernement de ne pas avoir prévu il y a un an, alors que personne ne l'a prévu, que nous serions dans une situation difficile, ce n'est pas bien", a-t-il ajouté.

Claude Guéant a démenti à cette occasion la rumeur selon laquelle l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin et des personnalités de gauche pourraient faire partie d'un gouvernement de crise.

Pour Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, le plan "salué comme juste par Dominique Strauss-Kahn", directeur général du FMI, "devrait aujourd'hui être soutenu de manière républicaine par toutes les formations politiques dans notre pays."

Le Premier ministre, François Fillon, a appelé à plusieurs reprises l'opposition à "faire bloc" derrière le gouvernement "pour passer la crise", mais le PS pose ses conditions et réclame notamment l'annulation du "paquet fiscal".

"Si le gouvernement avait tout bien fait depuis un an et demi, ça se saurait", a réaffirmé François Hollande.

"Il y a eu des choix qui ont été tout à fait contre-productifs, le paquet fiscal c'était une erreur (...) Avoir laissé penser au pays qu'on ne serait pas touché par cette crise financière, c'était une impréparation", a-t-il ajouté.

Pour Julien Dray, porte-parole du PS, l'absence de décisions fortes lors du mini-sommet de l'Elysée "est notamment la conséquence des hésitations et de l'indécision du gouvernement français quant à l'analyse de la crise et aux réponses à y apporter."
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Publié dans Economie & Finances

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