Isère: L'Appel du Congrès des Militants

Publié le par Vincent-Marie

La fédération de l’Isère, c’est super !


◦ Nul besoin pour les militants de se préoccuper de son fonctionnement, on s’en occupe à leur place entre gens compétents et disponibles grâce aux largesses de leurs mentors.

◦ Grâce à eux, il n’est que rarement nécessaire de demander au conseil fédéral de trancher une question par un vote. Et même lorsque cela arrive, c’est sans conséquences puisque si le conseil venait un soir à mal voter, nos anges gardiens nous sauverons le lendemain matin de notre inconscience sans même nous déranger. Il n’est pas nécessaire non plus de réunir la commission fédérale des conflits. Normal puisque, c’est bien connu, n’y a jamais de conflit dans la fédération de l’Isère.

◦ Lors d’un congrès, pas besoin de lire le pavé des contributions et des motions si on travaille ou que l’on siège comme élu dans une collectivité territoriale, on peut sereinement s’en remettre à une sagesse supérieure pour apposer notre signature. A moins bien sûr de chercher inconsciemment à troubler une si belle harmonie…

◦ Après tout, nous jouissons dans nos territoires d’une liberté que même les anarchistes libertaires nous envieraient :

→ Tu ne veux pas organiser de débat contradictoire dans ta section ?
Y a pas problème !
→ Tu ne veux pas respecter les accords fédéraux avec nos partenaires ?
Y a pas problème !
→ Tu veux faire alliance avec la droite ?
Y a pas problème !
→ Tu veux faire campagne contre tes camarades et utiliser le logo du Parti ?
Y a pas problème !
→ Tu veux te présenter à l’investiture contre un élu sortant ?
Euh là faut pas déconner quand même, on a une image à préserver, celle d’un parti uni et convivial !

Ah, si seulement Solferino s’inspirait de notre provinciale sagesse…


Trêve de plaisanteries camarades, l’heure est grave.

Notre fédération est en danger de mort par hémorragie militante.

Ce n’est un secret pour personne et encore moins pour celles et ceux qui nous quittent, écoeuré(e)s par une gouvernance féodale dont le verni démocratique, écaillé par des années de guerre de clans, ne fait plus illusion.

Bien sûr, on pourrait objecter que nous avons gagné des villes, des cantons et même des circonscriptions, preuve que tout ne vas pas si mal, et pourtant…

Si c’est à l’honneur de la gauche réformiste de ne pas se réfugier dans la critique stérile ou le messianisme incantatoire et d’assumer les contraintes du pouvoir, il est vital de ne pas oublier la finalité de son exercice. Gagner les élections est une condition nécessaire à la réalisation de notre idéal socialiste, nécessaire mais pas suffisante.

Afin de mener à bien notre projet de transformation sociale, nos élu(e)s ont besoin d’un cadre politique, c'est-à-dire d’un parti composé de militants au service d’un idéal qui les encouragent à mener le combat nécessaire à toute transformation sociale et les remplacent si nécessaire.

A l’inverse, un parti composé principalement d’élus, de leurs obligés et de soutiens passifs produit une classe politique purement gestionnaire car principalement préoccupée par sa réélection, à commencer par le renouvellement de son investiture. Raison de plus pour verrouiller le parti en y plaçant ses collaborateurs et en cooptant ses semblables. Cette dérive écoeure les militants, qui partent, et renforce le cercle vicieux aboutissant à la dépolitisation générale de la gauche réformatrice, source de son impuissance.


L’objectif de cet appel n’est pas d’opposer élus et militants mais de rééquilibrer leur nécessaire interaction dans le respect des rôles de chacun. Lors de notre congrès, nous n’allons pas seulement voter pour des orientations politiques mais également pour désigner nos instances de direction. Elles ne peuvent plus être cooptées. C’est de la capacité des militants à peser sur la vie de la fédération qu’il s’agit.

Un fonctionnement démocratique et collégial, la formation des militants pour une vrai stratégie des socialistes en Isère, le respect des militants et de leurs rythmes sont au cœur de nos aspirations.

Aussi quelle que soit la motion pour laquelle vous penchez, si, comme nous, vous pensez qu’il est temps de réagir, ne vous contentez pas de voter le 6 novembre.

Faites la démarche de la signer auprès de son mandataire fédéral et postulez aux responsabilités qui vont avec votre choix. Exigez, à l’échelle de votre section, comme à celle de la fédération, la tenue d’AG de motions rassemblant les signataires de celles-ci et qui doivent voter les listes des représentants de votre motion dans les instances du parti.

Cet appel est ouvert aux militants signataires de toutes les motions.

Pour le signer en cohérence, vous devez indiquer la motion dont vous êtes signataire ou dont vous souhaitez être signataire, nous transmettrons l’information et vos coordonnées aux mandataires de la motion concernée.

Salutations militantes.


- Découvrez les signataires : ici

http://www.congresdesmilitants.com/
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Publié dans Parti Socialiste

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