Royal dénonce la constitution d'un "front" dirigé contre elle au PS

Publié le par Vincent-Marie

AFP: Mardi 18 novembre, 09h54

Ségolène Royal la dénonce mardi la constitution d'un "front" pour l'empêcher d'accéder à la direction du Parti socialiste reconnaissant qu'"effectivement ça se complique arithmétiquement" pour qu'elle puisse l'emporter lors du vote des militants jeudi et vendredi.
 

"Ce front il existe, bien sûr. On le voit bien", a affirmé Mme Royal sur France Inter alors qu'on l'interrogeait sur le ralliement lundi de Bertrand Delanoë à Martine Aubry. "Je ne sais pas quelles sont les manoeuvres d'appareil qui sont derrière cette évolution", a-t-elle ajouté notant que "ce n'est pas la première fois que le vote des militants n'est pas respecté".

"Les militants ont voté déjà, ils m'ont placée devant", lors du vote sur les motions avant le congrès de Reims, a-t-elle souligné, tout en reconnaissant qu'avec le ralliement du maire de Paris à celle de Lille pour le poste de premier secrétaire, "effectivement ça se complique arithmétiquement".

Lors de la consultation des militants du 6 novembre sur les motions au congrès de Reims, les textes de Mme Aubry (24,3%) et M. Delanoë (25,2%) avaient recueilli la moitié des suffrages à eux deux, celui de Mme Royal 29%. Benoît Hamon, représentant la gauche du parti, avait rassemblé 18,5%.

L'ancienne candidate à l'Elysée a estimé que ses adversaires lui "reprochent d'être le symbole du changement" et qualifié leur union de "symptôme d'une mutation difficile" du PS. "Si je suis désignée par les militants c'est pour pousser en avant une nouvelle génération", a-t-elle affirmé, assurant qu'elle "retendrait à nouveau la main" à ses concurrents. "Ma conviction profonde c'est que les militants sont en avance" sur bien des responsables au PS, a-telle dit.

Ségolène Royal avait affirmé lundi sur France 3 que le PS avait "perdu le sens de l'honneur". Interrogé sur Bertrand Delanoë, le maire de Paris qui a apporté son soutien à Martine Aubry dans la compétition pour la direction du parti, Mme Royal a répliqué: "le Parti socialiste a perdu le sens du code de l'honneur, et lorsque les dirigeants disent quelque chose et font le contraire, ça n'est pas conforme à l'idée que je me fais de la politique".

Les partisans de M. Delanoë avaient décidé pendant le congrès de Reims de ne pas présenter de candidat à la tête du PS, et de ne pas donner de consigne, pour le vote des militants sur ce sujet jeudi.

"La politique a besoin de sincérité, de vérité, d'authenticité, et tout cela prouve que le Parti socialiste a besoin de changer et de mettre en avant une nouvelle équipe", a-t-elle dit. A propos de ses rivaux au PS, elle a ironisé: "On voit l'éternel retour, là, à l'oeuvre. Avec Martine Aubry, il y a Laurent Fabius, avec Bertrand Delanoë, il y a Lionel Jospin, donc c'est le retour de ceux qui ne veulent pas passer la main à une nouvelle génération".

Interrogée sur les sifflets pendant son discours au congrès du PS, Mme Royal a reconnu que "ça fait mal." "Mais ça prouve aussi que je suis dans le vrai. Quand quelque chose change, ça ne fait pas plaisir à tous ceux qui veulent que rien ne change. Et si le Parti socialiste ne change pas, il peut disparaître", a-t-elle dit.

"Et surtout, il peut désespérer tous ceux qui comptent sur nous pour promettre de l'ordre juste dans cette scène internationale. Si je suis élue (...) la première initiative que nous prendrons, c'est d'organiser un forum global parce qu'on ne peut plus penser simplement dans les frontières nationales (...) c'est-à-dire organiser l'équivalent du G20, avec les représentants des salariés, des consommateurs, des épargnants."

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Publié dans Parti Socialiste

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