L’inéluctable légitimité, par Fred Vargas

Publié le par Vincent-Marie

24 novembre 2008 - 11:37

Par Fred Vargas
 

« Non, ce qui advient au PS n’a rien d’exceptionnel ou de « pathétique », comme on peut le lire ici et là.


Certes, la lutte pour l’élection de la première secrétaire est cette fois singulièrement rude. Mais les processus de désignation des dirigeants, et les combats internes qui les accompagnent, ont tout de même trente mille ans d’existence. C’est dire si l’on a du recul pour les examiner. Et donc pour savoir que, si de multiples facteurs diffèrent lors de ce processus (par exemple le mode de sélection), il existe en revanche un élément invariant, indépendant du temps ou de l’espace, et c’est la légitimité de la désignation. Que cette légitimité soit fondée sur une épreuve physique, ou le droit du sang, ou le rang d’aîné, ou, dans nos sociétés démocratiques, sur le vote, elle est violemment ressentie comme incontournable. Qu’il s’agisse de choisir le président d’une petite association locale ou de reconnaître l’héritier du trône d’Angleterre au XIe siècle. Hors cette légitimité, dominent les sentiments d’usurpation, d’injustice, de spoliation, de manquement à l’honneur, tous motifs négatifs qui rendent introuvable, et durablement, un quelconque apaisement. Sans l’octroi de la légitimité, les tourments des combats antérieurs ne peuvent ni se clore, ni s’effacer. Le groupe n’a pas alors d’autre issue que de se fracturer, portant l’affrontement au paroxysme, parfois inoubliable.


On a entendu dire qu’il fallait « faire taire les rancœurs », être « raisonnables », en bref s’en tenir là. Conseils lénifiants qui vont en vérité à l’encontre du bon sens, tant il est vrai que la raison, dans cette situation sans vainqueur admissible, est bien dans la recherche obstinée de la légitimité, coûte que coûte. On a entendu dire aussi qu’il y avait des mauvais perdants. Mais il n’existe de mauvais perdants que s’il existe de mauvais vainqueurs. Et la légitimité est le seul cicatrisant des blessures des combats, et le seul garant de pacification. Ce n’est pas une opinion, ce n’est pas même une démonstration, c’est la simple observation d’une régulation ancestrale, millénaire, à laquelle les groupes humains n’ont jamais dérogé.

Trois options s’offrent au PS : avaliser un vote contesté, recompter les voix, appeler à un nouveau vote. Les deux premières sont, de manière certaine, des écueils impassables. Car ce n’est pas sur le souvenir des conflits que se brisera le parti, mais sur -et seulement sur- un sentiment d’usurpation, qui n’a jamais la faculté de se muer en souvenir. Ne reste donc qu’une seule voie : un nouveau vote pour satisfaire l’impérieuse nécessité de la légitimité. »

source: desirsdavenir.org
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Publié dans Parti Socialiste

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B
Compte tenu de l'importance des fraudes, des pièces disparues, la seule solution était soit d'annuler les votes de Lille et de Marseille, soit de recommencer les élections sous haute surveillance. Il est vrai que dans la situation actuelle le doute est installé qui ne partira pas et qui dit doute dit absence de légitimité et Martine devrA porter cela jusqu'au prochain congrès.La légitimité c'est le vote et lorsqu'on remplace les résultats des urnes par la décision des apparachiks, il n'y a plus légitimité.Tout le reste ce ne sont que rancoeurs personnelles, ambition et mépr(is de la démocratie.Les mauveis gagnants sont tellement mauvais gagnants qu'ils ne parviennent pas à se résoudre à donner un statut à Ségolène.
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E
Triple erreur de raisonnement: -si le nouveau vote venait à inverser le résultat de celui du 21 Novembre, il engendrerait un sentiment d'illégitimité et d'usurpation chez le nouveau vaincu, quel qu'il soit;-c'est l'acceptation du principe de la désignation par l'élection qui confère au Premier Secrétaire du PS sa légitimité: la seule façon de respecter ce principe consiste à rectifier toutes les erreurs, ou les fraudes si certaines étaient démontrées;-revoter introduit un nouveau concept: celui de "la majorité assez large" (quel écart? 10 voix, 20, 100, 1000?il n'y a aucun critère justifiable possible), alors que, jusqu'à présent, la majorité, dans un vote, c'est la moitié des voix plus une; cela revient à changer les règles du jeu en cours de partie, et à créer un sentiment d'illégitimité et d'usurpation chez le vaincu, quel qu'il soit.
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