Nous sommes les socialistes. Nous sommes la justice et le droit !

Publié le par Vincent-Marie

Par Amine EL KHATMI

Que faire ? Quelle attitude adopter ? Faire prévaloir la justice et le droit ? Préférer l’unité de notre parti ? Que pensent les Français de nos turpitudes et de nos errements ?

Les questions posées par la sortie du livre Hold-up, arnaques et trahisons* sont nombreuses et nous interpellent tous dans notre âme de militants et d’hommes et de femmes attachés aux principes démocratiques.

Ségolène Royal s’exprimera demain. Il faudra respecter sa décision et nous nous doutons bien qu’elle n’est pas simple à prendre. Pourtant, nous sommes nombreux a ressentir de l’injustice et même de la colère face à cette situation.

Certes, nous savions que l’élection de Martine AUBRY n’était pas exemplaire d’un point de vue des pratiques. Nous nous doutions bien que son refus d’organiser un nouveau vote cachait quelque chose d’anormal. Mais jamais, jamais personne n’avait soupçonné l’existence d’une triche pensée, organisée, préparée, calculée jusque dans les détails les plus pervers, les plus malsains par des apparatchiks véreux, déterminés à barrer la route à celle qui aurait sonné la fin de leur pathétique business. Jamais, nous n’imagions qu’avec la complicité de la direction sortante, certains oseraient franchir ces pas indécents.

Que faire ?

« Oui ce n’est pas normal mais maintenant il faut tourner la page, préparer l’avenir et se tourner vers les Français » expliquent les auteurs et les complices de cette vaste arnaque. Excusez-moi, mais ne serait-ce pas trop simple ? Nous sommes les socialistes. Nous sommes les descendants des Lumières, de multiples et centenaires combats en faveur des droits civiques, nous sommes Robert Badinter et Pierre Mendès-France comme le disait Ségolène Royal à Reims. Nous sommes les socialistes, donc nous sommes la justice et le respect des règles démocratiques. Nous sommes les socialistes, donc nous sommes la voix qui s’élève, quand toutes les autres voix se taisent, pour dénoncer aux quatre coins du monde les attaques inacceptables contre la démocratie et les droits de l’homme. Nous sommes les socialistes, donc nous sommes Aung San Suu Kyi et son combat en Birmanie. Nous sommes les socialistes, donc nous sommes cubains, coréens, gabonais, chinois, camerounais parce que nous rêvons de la libération de ces peuples. Nous sommes les socialistes, et nous dénonçons l’élection du Fils Bongo, héritier de son père, soutenu par les réseaux de la Francafrique, dont Nicolas Sarkozy avait pourtant annoncé la dissolution lors de la présidentielle. Nous sommes les socialistes, et nous nous indignons lorsqu’en Iran, le Président sortant est réélu en trichant. Nous sommes les socialistes et partout en France nous déposons des recours lorsque nous considérons que les règles élémentaires du jeu républicain ne sont pas respectées lors des consultations électorales. Nous sommes les socialistes et nous venons de remporter la municipale partielle de Carcassonne, à l’issue d’une procédure d’un an et demi parce que le maire sortant s’était assis sur la démocratie. Nous sommes les socialistes et nous nous battons en ce moment même lors d’une municipale partielle à Corbeil-Essonnes pour démonter le système clientéliste et antidémocratique de Serge Dassault. Oui nous sommes les socialistes, et nous sommes l’incarnation même de l’intransigeance face aux dérives, aux abus, aux coup portés ici et ailleurs à notre bien commun : la démocratie.

Au nom de quoi faudrait-il alors cautionner ce qui s’est passé à l’intérieur de notre parti ? Y aurait-il une démocratie externe dont nous serions les vigilants gardiens et une démocratie interne que nous pourrions manier à notre guise ? Il y a dans nos protestations, nos cris, notre révolte collective, une forme de respect pour nos ancêtres. Pour ceux qui, précisément, se sont battus pour l'avènement de la démocratie en des temps difficiles. Il y a quelque honneur à ne pas vouloir jouer avec nos valeurs fondamentales. « Vous prenez le risque d’achever le parti et de réduire à néant nos efforts de rénovation » nous disent-ils.  Mais à quoi bon prendre soin d’un parti qui ne respecte pas les siens ? A quoi bon le ménager, dès lors que les règles élémentaires de sa survie ne sont pas respectées par ceux qui sont chargés de l'animer ?

Je suis lassé de ce discours. J’ai 21 ans, dont six passés au PS. J’ai connu trois congrès (Dijon, Le Mans, Reims). A chaque consultation interne, à chaque vote, j’ai perdu (à part en novembre 2006, lors de la primaire). A chaque fois, mes responsables de motions m’expliquaient que certes ça avait triché, mais qu’ils allaient négocier un score moins humiliant avec les vainqueurs et se contenter de cela. Je n’ai plus envie de « négocier » avec la démocratie. Je n’ai plus envie de justifier l’injustifiable.

J’attends l’expression de celle qui me fait encore rester dans ce parti mais je suis en colère. Triste et en colère.

Amine EL KHATMI

Secrétaire fédéral du PS03 chargé des dossiers locaux

Collaborateur du Président du Conseil général de l’Allier
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Publié dans Parti Socialiste

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