La fraternité par Claire DONZEL
UPP "La fraternité au travail"
Cran-Gevrier le 18 mai 2010
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Pour commencer, la fraternité au travail, nous en avons un exemple ce soir
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Avec la coopération de 2 associations pour organiser cette rencontre
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merci à Annie BEAUCHAMP(association perce Monotonie) et Vincent-marie BILOA pour cette fraternité en acte dont ils ont été capables
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Mon introduction à ce débat sera d’ordre philisophico-politique
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Pourquoi traiter de la fraternité au travail ?
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Et bien d’abord, pourquoi la fraternité tout court ?
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D’abord, parce que la fraternité est un des 3 axes de notre devise républicaine
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celui qui est souvent oublié
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la droite se focalise en général sur la liberté
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la gauche sur l’égalité
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délaissant la « petite » fraternité
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alors que c’est elle qui est le ciment des deux autres
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qui va leur attribuer le « plus », celui de l’humanité
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2ème idée : la fraternité est souvent confondue ou remplacée par la solidarité
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comment ce fait-ce ?
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Craint-on de la fraternité des relents religieux insupportables ou insupportés dans un Etat laïc ?
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Manquerait-il à la fraternité la dimension de lutte que porterait la solidarité ? (cf « Solidarnosc ») ?
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Pourquoi donc vouloir réhabiliter la fraternité par rapport à la solidarité?
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parce que la fraternité est un acte délibéré, volontariste
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je m’explique
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il me semble que la notion de solidarité est une notion à posterirori :
* se serrer les coudes face à l’adversité
* s’épauler dans la lutte
* pour endurer ensemble
* partager la peine
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dans la fraternité revendiquée, je vois un volontarisme à priori
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il ne s’agit pas de répondre
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même collectivement
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à une agression
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mais de décréter un état d’esprit
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celui qui va présider à la solidarité, l’engendrer
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Ainsi, je place la fraternité au-dessus de la solidarité
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Qui en est la mise en œuvre, la mise en acte
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cet état d’esprit, s’il revient en force aujourd’hui,
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ce n’est pas un hasard
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mais après des décennies de libéralisme économique
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imposant la concurrence des entreprises entre elles
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des salariés en leur sein,
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des Etats et des peuples entre eux
- et bien, ce la suffit !
- les peuples, les salariés, les citoyens, les hommes et les femmes
- ne veulent plus de cette rivalité permanente
-ils revendiquent leur humanité et celle de l’Autre
- qu’il soit ici (voisin, collègue)
- ou qu’il soit là-bas (paysan sans terre, précaire sans protection sociale)
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La « crise »
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et la façon dont les financiers l’ont créée
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les gouvernements de droite appréhendée
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n’est pas étrangère à cette aspiration à la fraternité
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dans une volonté de ne plus subir
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mais de prendre en mains
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de reprendre en mains
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les destins individuels et collectifs
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refuser désormais la solidarité comme devoir
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pour entrer dans la fraternité comme volonté
J’ai évoqué la fraternité tout court, à vous de traiter la fraternité au travail
Claire DONZEL, Conseillère régionale