Ségolène Royal : « La retraite à 60 ans doit rester un droit ! »
Ce qui est certain et, espérons-le, durable,c'est l'allongement de la durée de la vie. En 75 ans, soit trois générations, notre espérance de vie s'est accrue de 20 années pour les hommes et 23 pour les femmes. Et cette évolution va se poursuivre : on attend une prolongation de l'ordre de huit à neuf années supplémentaires sur le prochain demi-siècle, ce qui conduira à un doublement du nombre des plus de 60 ans d'ici à 2050.
Or le système des retraites par répartition est un contrat entre les générations qui sont en activité et celles qui sont à la retraite. Au cœur de ce contrat se trouve le partage entre le temps consacré à la vie professionnelle et le temps de retraite. Pour que ce contrat soit accepté par tous, il faut qu'il soit équitable entre générations et au sein d'une même génération. La question centrale est donc : comment, en tenant compte de la pénibilité du travail, allons-nous partager cette augmentation de la longévité entre activité et retraite ?
Pour moi, la retraite à 60 ans doit rester un droit. Cela n'empêche pas de laisser davantage de choix aux individus et de réexaminer la retraite couperet qui oblige à tout arrêter d'un coup ou à partir alors qu'on aimerait conserver une activité. A l'inverse ceux qui ont commencé à travailler très jeune et exercé des professions usantes doivent pouvoir partir plus tôt.
Trop de salariés, dont beaucoup de femmes, arrivent à la retraite avec des carrières incomplètes et trop de jeunes perdent des années de cotisation faute de pouvoir entrer dans la vie active. Une des conditions de la consolidation des retraites, c'est de retrouver le plein-emploi.
Les propositions de Ségolène Royal:
Elle propose que la gauche fasse sienne le projet d’une évolution profonde de l’ensemble de nos régimes de retraite vers un système unifié inspiré de la réforme suédoise, dans lequel chaque cotisant dispose d’un compte personnel sur lequel il accumule ses cotisations tout au long de sa vie active, de façon à déterminer le montant de sa pension au moment où il choisit de partir en retraite.
À l’arrivée, les caractéristiques du système sont les suivantes :
· Le système reste par répartition et les cotisations des salariés financent les pensions courantes. Dans le même temps, le compte individuel de chaque travailleur mesure en euros les droits à pension à chaque instant. Un lien clair et direct est établi entre contributions des travailleurs et droits à pension.
· Au terme de sa vie active, chaque travailleur a accumulé un patrimoine retraite, revalorisé tout au long de la vie, qui lui donne droit au versement d’une pension mensuelle calculée en fonction de l’espérance de vie moyenne de sa classe d’âge. Le critère de la pénibilité des tâches doit être pris en compte dans ce calcul. Les salariés moyens et modestes sont avantagés dans un tel système, puisque les carrières longues permettent d’accumuler un patrimoine plus important. La prise en compte de toutes les années de cotisations permet aussi d’éviter que les travailleurs à carrière longue subventionnent de fait ceux qui ont eu une carrière plus courte mais de fortes revalorisations salariales en fin de carrière.· Avec ce système, fondé sur un principe simple d’équité et de transparence (« à cotisations égales, retraites égales »), la retraite devient enfin le patrimoine de ceux qui n’ont pas de patrimoine. Quand les personnes changent de statut, ils ne perdent rien.
sources : Ségolène Royal "Maintenant" ed.Hachette pp 278, 279
Ségolène Royal "Si la gauche veut des idées" ed.Grasset pp 236 - 240
http://www.espoir-a-gauche.fr/les-textes/delia-CMS/page/topic_id-16/