Sarkozy à Canossa
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Certes, Berlin est dans une situation plus confortable que Paris vis-à-vis de Pékin : la Chine a besoin des machines-outils que lui vend l'Allemagne, ce qui oblige les dirigeants chinois à accepter les critiques sur les droits de l'homme d'Angela Merkel. C'est dans ce contexte que M. Sarkozy s'est senti obligé de se rendre à la cérémonie d'ouverture des JO, sans condition, pour tenter de restaurer les relations de Paris avec Pékin. Après les dégâts causés par le passage chaotique de la flamme olympique dans la capitale française, la crise bilatérale a été aggravée par ce que les Chinois ont considéré comme un chantage et une ingérence dans leurs affaires intérieures.
M. Sarkozy perd aujourd'hui sur tous les tableaux : qu'il s'agisse des droits de l'homme et de l'image internationale de la France ou de ses relations avec les autorités chinoises, qui savent désormais quel poids il faut accorder aux exigences françaises. Sans doute, avec ce revirement, M. Sarkozy prend-il en compte le poids international, non seulement économique, mais aussi politique, de Pékin, par exemple sur la question du nucléaire iranien. Mais mieux valait alors s'abstenir de bomber le torse quelques semaines avant d'aller à Canossa.